Textes

9 603 kilomètres – L’Odyssée de deux enfants

9 603 kilomètres - L'Odyssée de deux enfants, Stéphane Marchetti

de Stéphane Marchetti et Cyrille Pomès, éditions: Futuropolis, 2020

« – Combien de temps on va mettre pour aller en Angleterre ? Quelques jours ? – Je sais même pas où c’est l’Angleterre » Adil et Shafi sont deux cousins de 12 et 14 ans. Seuls, sans parents, ils fuient fuient leur pays, pour échapper aux talibans et rejoindre le frère ainé de Shafi à Londres.

A l’âge où souvent, les enfants nés en Europe ne vont pas seuls à leur cours de solfège, d’autres enfants se retrouvent à devoir traverser seuls un continent, dans le simple espoir d’avoir une vie… pour finir traité de terroristes par des angoissés qui cherchent à passer leurs angoisses sur ceux que, simplement, ils ne connaissent pas…

Traducteurs afghans

de Brice Andlauer, Quentin Müller et Pierre Thyss, éditions: La Boite à bulle, 2020

L’histoire des Tarjumans, les traducteurs employés par la France pour faciliter le contact avec la population afghane, mais livrés à eux-même lorsque les troupes françaises se retirent en 2012, harcelés et menacés de mort, ils vivent cet abandon comme une trahison de la France…

En lecture proposée gratuitement pendant quelques jours (début sept. 2021) par la boite à Bulle : https://www.la-boite-a-bulles.com/digital/play/689

Seidou, en quête d’asile

scénario: Xavier Bétaucourt, dessins: Virginie Vidal, éditions: Steinkis BD, 2021

La réalité de tant de migrations : au départ, aucun rêve d’Europe, mais la nécessité de partir pour sauver sa peau. Seidou, menacé du fait de son engagement politique part dans un pays voisin, en pensant qu’il n’y passera que quelques temps, jusqu’à ce que les choses se calment. Il compte rentrer bientôt, mais de menace en violence, avec simplement l’espoir de trouver la paix, il fini par se retrouver en Europe, où commence un autre parcourt : celui de la demande d’asile. Aux violences physiques de la route succèdent celles du stress et de l’angoisse de l’attente … VG, mai 2021

À 33 ans, Seidou n’avait jamais quitté son pays et n’envisageait pas de le faire. Après des études supérieures et avec un bon boulot d’agent commercial en poche, il vivait heureux, à l’aise financièrement. Mais après les élections présidentielles et les persécutions dont furent victimes les Peuls, il devient l’un des meneurs d’un mouvement de protestation violemment réprimé par le pouvoir. Il apprend qu’il est devenu un homme à abattre et décide donc de s’enfuir. Il pense partir pour à Bamako, attendre que les choses se tassent puis rentrer. Mais les choses ne se passent pas comme prévu… Niger, Libye, Sicile… le parcours est tristement classique. Sur le sol européen, c’est une autre épopée qui débute, souvent passée sous silence, celle de la demande d’asile.

L’Odysée d’Hakim

de Fabien Toulmé

Hakim a créé sa pépinière avec son cousin Mahmoud. Son entreprise marche bien, il s’achète un appartement. Ce devait être l’appartement d’une vie…

Avec un grand sens de la narration, Fabien Toulmé nous fait vivre le périple d’Hakim, qui part en pensant être absent quelques semaines, le temps que les choses se calment, et se trouve en fait embarqué dans une odyssée qui le mènera jusqu’en France, en passant par le Liban, la Jordanie, la Turquie, la Grèce, la Macédoine, la Serbie, la Hongrie, l’Autriche, la Suisse.

Aux éditions Delcourt, en 3 tomes.

MAJ 14 juin 2020

Paroles d’ados

Moi Jeune : «On déménage tout le temps, c’est la galère», Libération, 19 fév 2020

«Je suis dehors depuis mars 2019. Ça fait cinq jours que je vis dans une caravane, à Porte dorée. Dans cinq jours, je devrai partir, je ne sais pas où, à Porte d’Aubervilliers encore. Quand tu déménages tout le temps, t’es tout le temps en galère. Ici, en France, on n’est rien. Je ne peux compter que sur des associations comme Utopia 56 et les Midis du MIE. Je suis arrivé en décembre 2018, du Mali. Pendant trois semaines, j’ai dormi à côté d’un pont. Puis la police est venue ramasser tout le monde. Après deux mois en foyer, j’ai reçu un courrier qui m’a dit que les mineurs ne peuvent pas rester dans les foyers de majeurs.

Six jeunes migrants, tous mineurs, racontent leur errance dans le nord de Paris, leur quotidien, et leur désarroi. Lire la suite

Paroles de Minot collectés pas le réseau RAMINA

retrouvez les version longues sur le site RAMINA – Réseau d’Accueil des MInots Non Accompagnés

Propos transcrits par la Timmy (Paris)

Ça me chauffe la tête
Perturbation dans la tête
Dans la rue, 8 mois
Impossibilité de me concentrer
Ça me chauffe la tête
Je monte et je descends

Ça me fait couler les larmes
Seul !
Ça me rend fou
Si je continue, ça peut me perturber
Toujours courir, associations, hébergement, prise en charge …
Pas de solution fiable
Redoubler l’effort

Rien n’a marché jusqu’à présent
Un jour ça va marcher …
Je vais être content.

S. – 16 ans – Guinéen

Je veux aller à l’école pour apprendre comme les autres enfants.
Je veux avoir des droits pour faire ce que les autres enfants arrivent à faire.
J’ai toujours eu une vie difficile.
Je n’en peux plus et je n’ai plus de force pour me battre pour ma survie.
On vit dans la misère.

H. – 16 ans – Ivoirien

Peut-être que l’Afrique est pourrie
mais je ne pensais pas qu’un jour, en France,
j’allais passer une nuit dehors sans dormir,
en subissant des paroles déplacées.

D. – 15 ans – Malien

Parcours transcrits par l’association Temps partagé (Quimper)

Quand Abdoulaye se raconte, il commence ainsi : « Tout cela est de ma faute, parce que moi, tu comprends, je suis le bâtard de la famille, c’est à cause de moi que ma mère a été chassée de la famille, d’ailleurs dans mon quartier on m’appelait toujours Abdoulaye le bâtard »; et de poursuivre : «Dès mes 4 ans j’ai travaillé dans le champ de ma mère, tous les jours, dès 5 h du matin je travaillais à la cuisine, dans le champ, arroser, gratter, récolter. J’ai souvent demandé à ma mère d’aller à l’école mais cela ça n’a jamais été possible».

Alors un jour, il décide de partir sans savoir bien sûr ni lire, ni écrire mais aussi sans savoir que la terre était ronde et que sur son chemin vers l’exil, il trouverait la Libye et son enfer à en faire encore aujourd’hui des cauchemars.

Abdoulaye, qui est né en 2000 à Daola, Côte-d’Ivoire a trouvé à Quimper un petit coin dans les familles quimpéroises, après la mise en doute de sa minorité, pour poser son sac et se reconstruire.

Son avenir, ici ou là-bas, passe par une scolarisation. C’est fait. Abdoulaye est scolarisé en CAP « aide à la personne », à la MFR, et comme dit sa famille d’accueil «cela lui va si bien !».

Dans son petit village du Nord Mali gagné par la désertification, Amara passe son temps entre les champs et la rue avec ses copains après avoir passé 5 ans, de 8 ans à 13 ans au service d’un marabout ( école coranique le matin, mendicité et diverses corvées l’après midi). Il décide un jour de partir vers un avenir qui lui permettra de vivre à sa faim.

Après plusieurs mois de traversée, au péril de sa vie, il arrive à Quimper. Après des mois d’errance de la rue aux familles, après une contestation de minorité alors même que ses papiers n’ont jamais été vérifiés, aujourd’hui il retrouve un peu d’espoir en étant scolarisé en CAP « cuisine »au lycée le Paraclet.

Losseni perd son Papa en janvier 2016. Il a 15 ans. En août, il quitte son village de Côte d-Ivoire. Après un périple périlleux et lourd, il est arrivé en avril 2017 à Quimper.

Scolarisé depuis le 22 janvier 2018 en seconde professionnelle « production animale » au Lycée Le Nivot à Lopérec (29).

Losséni est demi-pensionnaire et vit dans une famille d’accueil du lundi au vendredi. Il rentre le weekend dans une autre famille à Quimper.

C’est un jeune qui n’a connu que l’école coranique, et depuis 1 mois qu’il est à l’école il a pu confirmer ses capacités. Il veut réussir et travaille beaucoup. Ses professeurs sont très satisfaits de lui, il s’est très bien intégré, il s’est proposé pour la journée porte ouverte. Il fait du théâtre, aime la piscine.

Il est très ordonné et organisé, respectueux et affectueux, et il se soucie de ses camarades

Jeunes et Mineurs en Mobilité nº 5 2019-2020, Paroles de Jeunes, Coordonné par Daniel Senovilla Hernández et Cléo Marmié

Créé en janvier 2014, dans la continuité des travaux du laboratoire de recherche MIGRINTER- UMR 7301, l’Observatoire des Migration des Mineurs est un espace de diffusion et de valorisation de la recherche existante sur la thématique. Le no 5 de sa revue (juin 2020) est consacré aux contributions- paroles de jeunes migrants qui ont souhaité partager leurs expériences, leurs pensées, leurs souvenirs ou leurs projets en formes de textes, poèmes, photos, dessins.